Défaillances de l’État : ce qu’elles sont, leurs causes et comment les limiter

Les défaillances de l’État montrent que la puissance publique peut elle aussi se tromper, faute d’informations, en raison de mauvaises incitations, de la capture des institutions ou d’un manque de contrôle.

Daniel Sardá · Publié: · 15 min de lecture

Lorsqu’on parle d’économie et de politiques publiques, on entend souvent dire que le marché peut être défaillant. Il peut y avoir des externalités, des biens publics, des monopoles, une information incomplète ou des problèmes de coordination. Cette partie du débat est bien connue.

Une question moins fréquente est tout aussi importante : que se passe-t-il lorsque celui qui tente de corriger ces problèmes est lui aussi défaillant ?

Les défaillances de l’État apparaissent lorsqu’une action, une omission ou la conception des institutions de la puissance publique produit des résultats moins bons, plus coûteux ou plus arbitraires que les objectifs annoncés. Cela ne signifie pas que tout État est inutile ni que tout marché fonctionne parfaitement. Cela signifie que le pouvoir politique agit lui aussi avec des informations limitées, des incitations qui lui sont propres et un risque d’abus.

Idée clé : une défaillance du marché ne prouve pas automatiquement qu’une intervention précise de l’État fonctionnera mieux. La bonne comparaison porte sur des solutions réelles, avec leurs coûts, leurs incitations et leurs limites.

C’est pourquoi ce sujet est lié à l’économie de marché, à l’économie mixte (Lecture en espagnol), à la capture réglementaire, à l’État limité (Lecture en espagnol) et à l’État de droit (Lecture en espagnol).

Que sont les défaillances de l’État ?

En économie politique, une défaillance de l’État survient lorsque l’action publique ne parvient pas à corriger un problème et crée des coûts, des distorsions ou des abus importants. On parle aussi de défaillances du gouvernement, de dysfonctionnements de l’État ou de « government failure ».

Le concept s’est développé en dialogue avec la théorie des défaillances du marché. Des auteurs comme Francis Bator ont contribué à structurer l’analyse des défaillances du marché ; par la suite, des économistes et des juristes ont commencé à s’interroger sur les défaillances des mécanismes non marchands. Charles Wolf, dans ses travaux sur les défaillances non marchandes, a précisément souligné cette asymétrie : il existait une théorie très développée des défauts du marché, mais aucune théorie équivalente des défauts des systèmes non marchands.

Barak Orbach, dans « Qu’est-ce qu’une défaillance de l’État ? », explique que le terme est apparu comme un concept technique dans le cadre de la critique de la réglementation dans les années soixante. Il avertit aussi que ses usages ne recouvrent pas tous la même signification : certains l’appliquent à une intervention excessive, d’autres à une intervention insuffisante, et d’autres encore à tout résultat politique qu’ils jugent indésirable.

Pour éviter les confusions, il est utile d’adopter une définition pratique :

En termes simples : il y a défaillance de l’État lorsqu’une politique, une institution ou une omission de la puissance publique engendre une imperfection substantielle : elle alloue mal les ressources, ignore des risques pertinents, impose des coûts disproportionnés, crée des privilèges ou affaiblit des droits sans apporter le bénéfice promis.

Cette définition laisse place à deux possibilités. Une intervention excessive peut être défaillante, par exemple une réglementation qui bloque la concurrence sans protéger le consommateur. Mais une inaction déraisonnable peut l’être aussi, par exemple lorsque l’État ne remplit pas ses fonctions fondamentales de justice, de sécurité juridique ou de protection contre les dommages causés à des tiers.

Ce que ne signifie pas une défaillance de l’État

Le terme prête à confusion. Toute critique du gouvernement ne constitue pas une théorie des défaillances de l’État. De même, toute mauvaise nouvelle sur le plan social ne prouve pas l’existence d’une défaillance de l’État.

Quatre distinctions sont importantes :

  • Ce n’est pas la même chose qu’un État failli. Un État failli est une notion qui renvoie à une situation extrême en matière de sécurité, de souveraineté et de capacité institutionnelle. Les défaillances de l’État sont un concept d’économie politique et de politique publique.
  • Ce n’est pas la même chose que la corruption. La corruption peut être une forme de défaillance de l’État, mais des défaillances peuvent exister sans pots-de-vin : mauvaises incitations, information incomplète, règles mal conçues ou bureaucratie coûteuse.
  • Ce n’est pas un simple désaccord idéologique. Le fait qu’une personne rejette une politique ne suffit pas à la qualifier de défaillante. Il faut mettre en évidence des coûts, des distorsions, des risques ignorés ou des résultats institutionnels insuffisants.
  • Ce n’est pas la preuve que le marché n’est jamais défaillant. Les défaillances du marché existent. L’enjeu est que la solution publique doit elle aussi être évaluée.

Cette précision compte, car le concept peut être mal utilisé. Si « défaillance de l’État » désigne tout ce qui nous déplaît, il perd son pouvoir explicatif. Utilisé avec rigueur, il aide à poser des questions plus concrètes : quel mécanisme a échoué, qui en a payé le coût, qui a obtenu le privilège et quelle règle institutionnelle aurait pu réduire les dommages.

Défaillances du marché et défaillances de l’État : la bonne comparaison

Une défaillance du marché apparaît lorsque le marché ne coordonne pas les ressources de manière efficace ou juste dans certaines conditions. Elle peut résulter d’externalités, de biens publics, d’une asymétrie d’information, d’un pouvoir de marché ou de problèmes de concurrence. L’article de Britannica sur les défaillances du marché résume plusieurs de ces causes de manière accessible.

L’erreur survient lorsque l’analyse s’arrête là. Identifier une défaillance du marché peut justifier l’étude d’une réponse publique, mais ne démontre pas que toute réponse publique est bonne.

Par exemple, si un marché présente une information incomplète, une règle de transparence peut aider. Mais il peut aussi arriver que l’autorité conçoive une formalité si complexe que seules les grandes entreprises puissent s’y conformer. Dans ce cas, la politique qui promettait de protéger le consommateur peut finir par protéger les concurrents déjà établis.

La question institutionnelle n’est pas :

  • Marché parfait ou État parfait ?

La vraie question est :

  • Quelle organisation institutionnelle fonctionne le mieux avec des informations limitées, des incitations imparfaites et des coûts réels ?

Cette approche évite un piège courant : comparer des marchés réels, avec tous leurs défauts, à des gouvernements imaginaires qui savent toujours tout, veulent toujours le bien commun et agissent toujours correctement. Elle évite aussi le piège inverse : comparer des gouvernements réels à des marchés idéalisés où il n’y aurait jamais d’abus, de fraude, d’externalités ou de concentration. Dans une économie mixte (Lecture en espagnol), où marché et État interagissent en permanence, cette comparaison institutionnelle est particulièrement importante.

Pourquoi les défaillances de l’État surviennent-elles ?

Les défaillances de l’État ne s’expliquent pas seulement par des personnes mal intentionnées. Il y a parfois de la corruption ou de l’incompétence, certes. Mais l’analyse la plus utile porte sur la structure : quelles informations possède le décideur, à quelles incitations est-il soumis, de quel pouvoir discrétionnaire dispose-t-il et quels contrôles existent réellement ?

Information limitée et connaissances dispersées

Friedrich Hayek a expliqué dans « L’utilisation de la connaissance dans la société » que les connaissances nécessaires à la coordination d’une société ne sont pas concentrées dans un seul esprit. Elles sont dispersées entre des millions de personnes : consommateurs, travailleurs, entrepreneurs, techniciens, familles, communautés et entreprises.

Cela ne signifie pas que la planification publique est toujours inutile. Cela signifie qu’elle se heurte à une limite sérieuse : plus une décision est détaillée et centralisée, plus il lui sera difficile d’intégrer les informations locales, les changements rapides et la diversité des préférences.

Dans la vie quotidienne, cela se traduit ainsi : une autorité peut fixer un prix, attribuer des quotas ou concevoir des autorisations depuis un bureau. Mais elle ne connaît peut-être pas avec précision les coûts de chaque producteur, l’urgence des besoins de chaque consommateur, la capacité réelle de chaque fournisseur ou les solutions qui apparaîtraient si l’entrée sur le marché était plus libre.

Lorsqu’une politique ignore ces connaissances dispersées, elle peut provoquer des pénuries, du gaspillage, de mauvais investissements ou des règles qui fonctionnent sur le papier mais échouent dans la pratique.

Incitations politiques et horizons courts

Les fonctionnaires, les législateurs et les dirigeants ne sont ni des anges ni des machines. Ils ont des incitations : gagner des élections, éviter des coûts visibles, satisfaire des coalitions, accroître les budgets, protéger leur réputation ou reporter les problèmes sur l’avenir.

La théorie des choix publics, associée à des auteurs comme James Buchanan et Gordon Tullock, applique les outils de l’économie au processus politique. Son apport n’est pas d’affirmer que tout responsable politique agit de mauvaise foi. Il est plus mesuré : en politique aussi, il existe des incitations, des coûts, des bénéfices et des règles du jeu.

Il peut en résulter une politique qui maximise la visibilité à court terme et minimise les coûts politiques immédiats, tout en engendrant des coûts économiques ou institutionnels par la suite.

Exemples généraux :

  • Une subvention peut être populaire aujourd’hui, mais créer une dépendance aux finances publiques difficile à maintenir.
  • Un contrôle des prix peut promettre un soulagement immédiat, mais décourager la production si les coûts réels ne disparaissent pas.
  • Un ouvrage public peut être inauguré rapidement, mais sans entretien, sans évaluation ni priorité sociale clairement définie.

Le problème ne réside pas seulement dans « l’intention ». Il réside dans la conception des incitations.

Capture réglementaire et recherche de rente

La capture réglementaire survient lorsqu’une autorité créée pour réglementer au nom du public finit par favoriser des intérêts particuliers. George Stigler a contribué à développer cette approche en analysant la réglementation comme un processus politique dans lequel des groupes peuvent chercher à obtenir des avantages privés au moyen de la puissance publique.

La logique est simple. Un petit groupe peut gagner beaucoup s’il obtient une licence exclusive, une barrière à l’entrée, un tarif favorable ou une protection contre ses concurrents. Pour ce groupe, exercer des pressions, engager des procédures judiciaires, rencontrer les autorités ou influer sur les normes peut être rentable.

Le citoyen ordinaire, en revanche, supporte des coûts dispersés :

  • Des prix un peu plus élevés.
  • Moins de choix.
  • Des services plus lents.
  • Des démarches plus coûteuses.
  • Moins d’innovation.

Chaque consommateur perd peu par rapport à ce que gagne le groupe bénéficiaire. C’est pourquoi les groupes organisés sont généralement davantage incités à exercer des pressions que le grand public à surveiller.

C’est cela, la recherche de rente : consacrer des ressources à l’obtention de privilèges par la voie politique au lieu de créer de la valeur en étant plus compétitif.

Bureaucratie, pouvoir discrétionnaire et coûts cachés

L’État moderne fonctionne au moyen de procédures. Certaines sont nécessaires : registres, tribunaux, licences raisonnables, audits, contrôles budgétaires. Mais une bureaucratie mal conçue peut transformer la règle en obstacle.

Le coût n’apparaît pas toujours dans le budget. Il se manifeste aussi par du temps perdu, des autorisations qui dépendent du fonctionnaire, des formulaires qui excluent les petits acteurs, une incertitude juridique ou la peur d’investir parce que personne ne sait comment la norme sera appliquée demain.

Le pouvoir discrétionnaire aggrave le problème. Si une autorité peut décider au cas par cas sans règles claires, le citoyen cesse de dépendre de ses droits et commence à dépendre de faveurs. Cela ouvre la voie à l’arbitraire, à la corruption, aux inégalités de traitement et à la capture des institutions.

C’est pourquoi l’État de droit (Lecture en espagnol) n’est pas un détail formel. C’est une condition pratique pour que le pouvoir soit soumis aux règles, et non l’inverse.

Exemples courants de défaillances de l’État

Il convient d’aborder les exemples avec prudence. Un cas réel exige des sources précises ; à défaut, mieux vaut utiliser des exemples généraux qui illustrent des mécanismes.

Contrôles des prix

Un contrôle des prix peut chercher à protéger le consommateur. Mais s’il fixe les prix en dessous des coûts de production ou de réapprovisionnement, il peut réduire l’offre, dégrader la qualité ou pousser les transactions vers les marchés informels.

La défaillance ne s’explique pas seulement par une mauvaise intention. Elle s’explique par le fait que le prix n’est pas un chiffre décoratif : il transmet des informations sur la rareté, les coûts, la demande et les possibilités qui se présentent. Si la règle efface ce signal sans résoudre le problème de fond, elle peut aggraver ce qu’elle tentait de corriger.

Licences et autorisations excessives

Une licence peut protéger la sécurité, la santé ou la responsabilité professionnelle. Mais elle peut aussi devenir une barrière à l’entrée si elle impose des exigences disproportionnées, des quotas artificiels ou des démarches que seuls les acteurs établis peuvent financer.

Dans ce cas, la norme est présentée comme une protection du public, mais fonctionne comme une protection des acteurs en place. Le consommateur dispose de moins de choix et l’entrepreneur dépend davantage de l’autorisation que de sa capacité à mieux servir ses clients.

Subventions et privilèges

Une subvention peut répondre à un besoin concret. Mais si elle est maintenue sans évaluation, sans limite et sans transparence, elle peut devenir un privilège. Le bénéfice se concentre sur les destinataires du transfert ; le coût est réparti entre les contribuables, les consommateurs ou les usagers d’autres services publics.

La question n’est pas seulement de savoir si l’objectif paraît noble. Il s’agit de savoir si le programme comporte des critères clairs, un coût soutenable, un réexamen périodique et un mécanisme institutionnel permettant d’y mettre fin.

Entreprises ou services sans obligation de rendre des comptes

Lorsqu’une organisation publique n’est soumise ni à la concurrence, ni à une évaluation indépendante, ni aux conséquences d’une mauvaise gestion, elle peut accumuler les coûts et dégrader la qualité. L’usager ne peut pas toujours choisir un autre prestataire. Le contribuable ne voit pas toujours combien il paie. Le fonctionnaire ne supporte pas toujours le coût d’une mauvaise décision.

Cela ne prouve pas que toute entreprise publique échoue. Cela montre en revanche que toute structure dépourvue de discipline institutionnelle peut être défaillante.

Comment limiter les défaillances de l’État

Les défaillances de l’État ne peuvent pas être entièrement éliminées. Toute institution humaine peut se tromper. L’objectif réaliste est de réduire les coûts, de limiter les abus et de créer des mécanismes de correction.

Règles générales et État de droit

La première limite consiste à soumettre l’action de la puissance publique à des règles générales, connues et appliquées sans discrimination. Une société libre ne dépend pas de la générosité du dirigeant. Elle dépend du fait que celui-ci soit lui aussi soumis à des limites.

Les règles générales réduisent le pouvoir discrétionnaire. Elles rendent plus difficile l’utilisation des autorisations, des impôts, des sanctions ou des réglementations pour récompenser des amis et punir des adversaires. Elles permettent aussi aux personnes et aux entreprises de planifier avec davantage de confiance.

Évaluation, transparence et réexamen

L’OCDE, dans ses travaux sur l’analyse d’impact de la réglementation, insiste sur le fait que les autorités doivent examiner les effets probables, les coûts, les bénéfices et les solutions possibles avant de réglementer. Cet outil ne garantit pas de bonnes politiques, mais il permet de mieux poser la question : quel problème veut-on résoudre, sur la base de quels éléments probants, à quel coût et pour qui ?

Une politique publique responsable devrait pouvoir répondre aux questions suivantes :

  • Quel est le problème concret ?
  • Quels éléments probants montrent qu’il existe ?
  • Quelles solutions ont été envisagées ?
  • Qui gagne et qui paie ?
  • Comment mesurera-t-on son efficacité ?
  • Quand sera-t-elle réexaminée ou supprimée en cas d’échec ?

Sans évaluation ni réexamen, les politiques peuvent perdurer par inertie alors même qu’elles ne servent plus à rien.

Concurrence et libre entrée

La concurrence ne discipline pas seulement les entreprises. Elle discipline aussi les politiques. Lorsque les règles permettent la libre entrée, l’innovation et la comparaison entre les solutions, il est plus difficile pour un groupe de s’emparer de l’ensemble du système.

Cela rejoint la notion de libre marché (Lecture en espagnol) : un marché libre ne signifie pas une absence de règles, mais des règles générales qui protègent la propriété, les contrats, la responsabilité et une concurrence ouverte. Une réglementation qui bloque l’entrée sans justification solide réduit cette discipline ; une déréglementation économique bien conçue peut supprimer des privilèges sans éliminer les garanties fondamentales.

Société civile et contrôles indépendants

La société civile limite elle aussi les défaillances de l’État. Une presse libre, les associations, les universités, les entreprises, les organisations locales, les tribunaux indépendants et les citoyens actifs peuvent détecter des coûts que le pouvoir préférerait cacher.

Une société ouverte ne concentre pas toute capacité de correction en un seul centre. Elle répartit la surveillance, l’information et la capacité de réaction. Cette pluralité constitue une défense contre les erreurs persistantes.

Ce qu’une défaillance de l’État ne démontre pas

La critique des défaillances de l’État peut tomber dans deux exagérations. La première consiste à croire que, puisque l’État est défaillant, toute action publique est illégitime. La seconde consiste à croire que, puisque le marché est défaillant, toute action de l’État est justifiée.

Toutes deux sont des raccourcis.

Un gouvernement peut remplir des fonctions nécessaires : justice, sécurité juridique, protection des droits, règles générales, défense contre la violence, résolution des conflits, fourniture de certains biens publics ou protection contre les dommages causés à des tiers. La question est de savoir comment il le fait, dans quelles limites et sous quels contrôles. C’est aussi ce qui distingue un gouvernement limité (Lecture en espagnol) d’une confiance illimitée dans l’autorité.

De l’autre côté, une défaillance du marché ne transforme pas automatiquement le régulateur en acteur omniscient. L’intervention peut être nécessaire, mais elle doit être évaluée comme toute décision humaine : avec une information incomplète, des incitations imparfaites et des conséquences non intentionnelles.

La question n’est pas de savoir si nous préférons le marché ou l’État dans l’abstrait. La question est de savoir quelle institution résout le mieux un problème concret sans créer de dommages plus importants.

C’est l’approche libérale classique la plus solide : ne pas idéaliser le pouvoir privé ni le pouvoir public, mais construire des institutions qui limitent les abus, respectent les droits et permettent la correction.

La question institutionnelle clé

Les défaillances de l’État obligent à regarder au-delà des intentions. Une politique peut promettre la justice, l’efficacité ou la protection, mais finir par créer des pénuries, des privilèges, de l’arbitraire ou de la dépendance.

C’est pourquoi l’évaluation doit revenir au concret :

  1. Quel problème réel cherche-t-elle à résoudre ?
  2. De quelles informations a-t-elle besoin pour le résoudre ?
  3. Quelles incitations crée-t-elle pour les responsables politiques, les bureaucrates, les entreprises et les citoyens ?
  4. Quels coûts visibles et cachés impose-t-elle ?
  5. Quels mécanismes permettent de la corriger en cas d’échec ?
  6. Quels droits limite-t-elle et avec quelle justification ?

Une société libre a besoin d’institutions publiques, mais elle a aussi besoin de limites imposées à ces institutions. Un pouvoir sans contrôle peut transformer de bonnes intentions en mauvaises règles. Et les mauvaises règles ne gaspillent pas seulement des ressources : elles réduisent la liberté, affaiblissent la responsabilité et ouvrent la voie aux privilèges.

La réponse n’est pas de faire aveuglément confiance à l’État ni de nier tous les problèmes du marché. Elle est plus exigeante : comparer des solutions réelles, limiter le pouvoir discrétionnaire, protéger les droits et maintenir ouvertes les voies de correction au sein de la société.

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